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Full text of "Des Facultés magnétiques de l'homme : des moyens divers par lesquels elles se manifestent; des conditions qu'exige leur emploi; de la responsabilité morale qu'entraîne leur exercice; des services qu'on peut attendre"

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DES FACULTÉS MAGNÉTIQUES 


DE L’HOMME 




PABXS. — IMPRIMERIE ÉMILE YOTTELAIN 


J.-J. ROUSSEAU, 




DES 


56507 

FACULTÉS MAGNÉTIQUES 

DE L’HOMME 


DES MOYENS DIYBBS PAR LESQDELS ELLES SE MANIFESTENT; 
DES CONDITIONS ftOESIGE LEDR EMPLOI ; 

DE LA RESPONSABILITÉ MORALE Qu’eNTRAÎNE LEUR EXEROICE ; 
DES SERVICES Qu’ON PEUT EN ATTENDRE. 


PAR G.-F. BACOT 

MEMBRE TITULAIRE DE LA SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE PARIS 


sanié ainsi que des contagions de 


Extrait du journal l’Union magnéliqne, 1867 et 1868. 




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CE MÉMOIRE 


- . (JPRY MAGNÉ*] 

5 m 07 


CONCOURS DE 1866 


Prix : 75 centimes 


5 6 5 9 7 

PARIS 

CHEZ L’AUTEUR, RUE DE GHARENTON, 24 
1868 










DES FACULTES MAGNÉTIQUES DE L’HDMME 


NOTIONS PRÉLIMINAIRES 


Avant de rechercher quelles sont les facultés magné¬ 
tiques de l’homme, et leurs moyens de manifestation, je 
crois devoir exposer brièvement comment je comprends 
l’élément qui sert de trait d’union entre les individus du 
meme règne et aussi de règnes différents ; 

Je crois qu’un fluide remplit les corps et 1 espace, 
sanssolMlioncomplète de continuité, car tout ce qui est 
participe nécessairement de lui. 

Conséquemment, comme il est le principal élément du 
développement et de la conservation des trois règnes 
par le courant vital qu’il imprime dans tous les corps 
qui sont à l’état de formation, reconstitution -, les effluves 
rejetées par ces corps doivent lui faire retour, et le mo¬ 
difier sans cesse par leurs différentespropriélés qui s’uni¬ 
fient en se mêlant-, mais le fluide universel n’en contient 
pas moins un résumé de toutes les propriétés chimiques 
qui existent dans la nature. 

C’est en réveillant la vie intérieure chez l'homme en¬ 
gourdi, que des magnétiseurs ont facilité l’absorption de 
propriétés que son gardien intérieur ne pouvait plus dis¬ 
cerner, et ont fait des cures merveilleuses par des ma¬ 
gnétisations générales seulement. 

De ce qui précède, quelques-uns concluent que les 



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prescriptions de procédés spéciaux pour chaque maladie, 
sont inutiles. 

Ces conclusions précipitées sont un abus, car indépen¬ 
damment de l’action absorbante qui détermine le courant 
magnétique, il se produit aussi une action mécanique qui 
a son importance. 

Mais dansles guérisons dont je viens de parler, il n’y 
a qu’une excitation à l’assimilation presque naturelle 
d’une partie spéciale du fluide universel, dont je m’ex¬ 
plique ainsi le mécanisme : 

Comme le créateur veut que son œuvre se perpétue, il 
a placé en toutes choses, mais principalement dans le 
règne anim 1, un principe gardien; ce gardien intéaieur 
appelle sans cesse de l’élément vital les propriétés dont 
le corps a besoin pourétablirl’équilibre dansl’organisme ; 
les effluves évincées emportent ce qui était nuisible ou 
inutile. 

Malheureusement les sujets aptes k cette assimilation 
docile sont rares; car les passions, nées du principe des¬ 
tructeur qui ne devrait triompher qu’après une longue 
période, abrègent presque toujours le temps marqué, 
parce qu’elles sont opposées au principe conservateur in¬ 
térieur dont l’action développe ce qu’on appelle les bons 
instincts. 

Quand les instincts contraires à l’organisation du sujet 
se développent k l’excès, ce développement insolite est 
dû au principe destructeur, ou k une pression magné¬ 
tique de mauvaise nature exercée sur lui par un autre 
homme même sans que ce dernier ait conscience de sa 
puissance. 

Il est donc bon, afin d’éviter des perturbations so¬ 
ciales, que chaque homme sache qu’il a en lui une force 
considérable qui lui obéit pour sa défense ou sa conser¬ 
vation. 

Lorsque toutes les propriétés que contient le fluide 
universel sont dans une bonne proportion, la santé pu- 



— T — 


blique est normale, mais si des courants de fluide univers 
sels sont surchargés d’une de ces propriétés, elle frappe 
les animaux ou les végétaux chez lesquels le principe des¬ 
tructeur a amené une aberration dans l’absorption} 
le mal se développe en masse, c’est une épidémie. : 

Ce que je viens de dire n’est pas en opposition avec le 
principe constaté d’inoculation des maladies par des. 
animalcules; car ceux-ci doivent préférer certains sucs, 
ou leurs émanations; et, poussés par un courant qui con¬ 
tient de ces émanations en proportion considérable, ils 
peuvent se croire dans leur milieu. 

Mais le courant, comme je le suppose, se modifie con¬ 
tinuellement par des effluves opposés; c’est pourquoi 
ces animalcules doivent, en vertu de 1 instinct conserva¬ 
teur de l’espèce, chercher à déposer leurs larves sur des 
individus déjà, prédisposés aux effets pernicieux de leur 
venin. 

Le principe de maladie que les sujets avaient contracté 
par d’autres conditions serait probablement arrivé de 
même au summum d’intensité ; mais, à différentes épo¬ 
ques, selon le degré où chacun en est arrivé au moment 
de la période épidémique, tandis que le développement 
rapide de la mortalité frappe de stupeur les individus, le 
principe conservateur se trouve dans l’impossibilité de. 
réagir par d’autres propriétés, ce qui aide encore au dé¬ 
veloppement de l’épidémie. 


Des facultés magnétiques de l’homme. 

L’homme complet étant l’animal le plus parfait, est 
■apte à éprouver des impressions par toutes les proprié ¬ 
tés de la nature; et cette diversité de propriétés s.trt, par 
leur action et réaction, à produire le jeu de ses nombreux 
organes; il doit donc toujours conserver le rudiment de 


— 8 - 


toutes les propriétés dont il est pénétré par le fluide 
vital. 

Je dis l’homme complet, parce qu’il y a dans l’espèce 
humaine tous les degrés de l’échelle animale, selon que 
la vie intérieure abandonne plus ou moins de points, ce 
qui réduit quelquefois l’homme à la plus simple expres¬ 
sion animale. 

Dans-ce cas de déprimation des organes, le nombre 
des aptitudes diminue, il n’a plus que celles spéciales 
des animaux imparfaits. 

Les facultés magnétiques lui sont tellement naturelles, 
qu’il les met en œuvre souvent, sans conscience, pour le 
moindre besoin, mais surtout quand, se trouvant isolé, il 
sent qu’un danger de maladie le menace, il se révolte; 
s’il prévoit recevoir un coup, il diminue sa sensibi¬ 
lité, etc. C’est par cette force magnétique qu’il utilise les 
puissances dont il est saturé. 

C’est une preuve des effets attractifs et répulsifs que 
l'homme produit sur lui-même, effets analogues à ceux 
que l’aimant produit sur le fer, selon les pôles, mais 
avec cette différence que chez l’homme les pôles se dé¬ 
placent selon sa volonté. 

Par la combinaison de cette force avec les propriétés 
du fluide vital. Use produit des facultés complexes. 

Telles que la faculté stimulante, et ses diverses con¬ 
séquences qui ne pourraient être obtenues que par plu¬ 
sieurs substances spéciales; 

Facultés somnifère, stupéfiante; 

Faculté de produire des désordres d’imagination, 
comme l'influence de quelques poisons ; mais il a l’avan¬ 
tage de posséder la faculté opposée, ce qui lui permet 
d’en arrêter les effets à la moindre expression de sa vo¬ 
lonté; 

.Comme les autres animaux et les plantes chez lesquels 
la nature a suppléé au défaut de raison, en leur donnant 



l’inslinct, l’homme a la faculté de pressentir le danger, 
avant qu’il puisse s’en rendre compte; 

Faculté d’éprouver les sensations; pensées non expri¬ 
mées, ce qui implique la faculté de produire ces phéno¬ 
mènes artificiellement, en voulant nettement une chose: 

Faculté de produire, sans danger pour le sujet, cet 
état de perception qui se rencontre quelquefois dans les 
phases extrêmes de maladies graves, dans lesquelles il 
est déterminé par des propriétés subversives de l’orga¬ 
nisme humain ; mais leur nature n’a pas encore été dé¬ 
terminée par la science. 

Faculté de produire sur l’homme des effets identiques 
à ceux produits par le galvanisme, ce qui me ferait pen¬ 
ser que l’homme en garderait en lui une quantité déter¬ 
minée; et que ce ne serait que le trop plein qui s’é¬ 
chappe (1). 

Les facultés de domination, de fascination,,,sont des 
résultats de la faculté attractive. 

Une autre division de la faculté attractive paraît tout à 
fait mécanique. 

(t) Cette production de phénomènes électroformes sans con¬ 
ducteurs métalliques me fait croire que la quantité de fluide électri¬ 
que que l'homme doit posséder en lui, lui est transmise par lo 
fluide vital qui sert de conducteur entre les mines des divers mé¬ 
taux, qui, étant arrosées par des eaux plus ou moins acidulées, for¬ 
meraient les couples de la grande pile, par laquelle ratmos(ihère 
est chargé d’éleclricilé ; et ce fluide ne serait, d’après cela, qu’une 
conséquence du fluide vital auquel il rapporterait son contingent de 
propriétés particulières. 

Probablement, on m’objectera que les appareils ont besoin de con ¬ 
ducteurs métalliques, et qu’en conséquence, le fluide vital ne peut, 
dans ce cas, être conducteur; mais, il doit y avoir une différence 
entre des métaux dans leur milieu producteur, pour ainsi diie vi¬ 
vants, et nos piles, où nous avons des métaux travaillés. Les efflu¬ 
ves du cuivre natif ou travaillé ne pourraient-elles pas former un 
courant assez dense par une agrégation d’autres éléments inconnus, 
pour établir ce conducteur; puisque le docteur Burq a constaté, par 
une enquête, sur plus de 100,000 individus, que les effluves du 


— 10 — 


Enfin, la faculté de se guérir lui-même de maux 
naissants ou partiels, sans le secours matériel de 
substances mesurables, et de guérir son semblable de 
maladies qui ont résisté quelquefois à une médication 
très-savante. 

Plusieurs de ces facultés peuvent s’exercer à des 
distances considérables, surtout si le magnétiseur a bien 
conscience de son pouvoir, et que les deux éléments hu¬ 
mains aient entre eux l’alfinité suffisante. 

Les facultés magnétiques de l’homme agissent de même 
sur les autres règnes, qui l’impressionnent à leur tour a 
des distances plus ou moins considérables; c’est ainsi que 
je puis m’expliquer les goûts ou l’aversion profonde pour 
telle personne ou telle chose, selon l’affinité que les 
choses ont entre elles, ou l’organisation de chaque 
homme. 

L’action à distance est incompréhensible sans ce trait 
d’union vital qui est supérieur aux autres fluides, mais 

cuivre préservent du choléra {de l'Emploi du Cuivre préservatif du 
choléra, par le docleur Escalier; Paris, 1853, page 4) en Sibérie. 
Dans les propriétés du prince Detnidoff, qui renferment un grand 
nombre de mines de cuivre, de malachite et d’or, et habitées par 
46,600 individus, le choléra n’a pas pénétré en 1831, quoiqu'il 
régnât dans les environs. En 1849, il a atteint dans le pays 8-22 per¬ 
sonnes dont 284, seulement, ont succombé, tt parmi elles 21, seu¬ 
lement, Iravaillant aux mines, dont 9 à celles de cuivre (ouvrage 
cité, page 9). La Société des monteurs en bronze n’a pas eu un seul 
cholérique en 1832, elle n’en a eu qu’un seul en 1849 et il a été 
guéri; l’acier a préservé, de même, les ouvriers de l’usine de 
M. Gavé (ouvrage cité, pages). Enfin, l’action des effluves du cuivre 
se fit sentir comme préservatif parmi les nombreux locataires des 
quatre maisons de la rue des Gravilliers, occupées par des fonderies 
de cuivre (ouvrage cité, page 4). Je prierai de plus savants que moi 
d’étudier si ce ne serait pas les courants d’effluves métalliques re¬ 
tournées au fluide vital qui porteraient leur excès d’électricité 
jusqu’à ce qu’ils rencontrent un courant d’effluves animales qui, par¬ 
leur contact avec les effluves métalliques chargées, puisse déterminer 
cette décharge effrayante que les machines reproduisent en petit. 


— 11 — 

qu’il ne domine pas entièrement, puisque certaines con¬ 
ditions atmosphériques nuisent aux phénomènes ma¬ 
gnétiques. 

Hors de ces conditions contraires, la vibration qu’im¬ 
prime l’homme sur un de ses organes, peut être transmise 
à distance au sujet chez lequel l’affinité magnétique est 
assez grande, à moins qu’elle ne soit soustraite au pas¬ 
sage par une organisation de même nature placée dans 
le courant. 

Que l’action se passe intérieurement chez le magnéti¬ 
seur et soit transmise par l’agitation du fluide qui rem¬ 
plit l’espace; que la jonction se fasse sur un point de 
l’espace, ou que le magnétiseur fasse abandon de fluide 
animalisé, il n’y a pas moins, dans les phénomènes pro¬ 
duits, la preuve des facultés magnétiques de l’homme f 

Pourquoi l’homme n’aurait-il pas le pouvoir d’influen¬ 
cer son semblable, les animaux inférieurs, et les végé¬ 
taux, puisqu’il est lui-même susceptible d’en subir l’in¬ 
fluence, malgré l’infériorité de ces deux derniers, et 
en présence de l’influence d’un végétal sur un autre vé¬ 
gétal? 

« M. Duhamel ayant planté beaucoup de térébinthes 
auprès d’un pistachier femelle, qui ne portait point de 
fruits, fut agréablement surpris en voyant, dans la 
saison suivante, que son pistachier en était couvert (1). » 
H y a des végétaux qui ne croissent que dans le voisinage 
de végétaux préférés, soit à cause des principes nutritifs 
qu’ils en reçoivent, ou de la protection qu’ils trouvent 
dans les effluves de ces plantes contre leurs parasites. 

On peut dire sans doute que la composition du terraim 
fait germer les semences de plantes qui s’y plaisent; 
mais dans ce cas, nous arrivons à l’action d’un règne dif¬ 
férent ; les effluves minéraux sur les végétaux. 

L’homme peut donc exercer ses facultés magnétiques 


{!) Soc. royale de Médecine, tome IV (H), page 120. 


sur le règne végétal, et quelques magnétiseurs l’ont fait 
avec succès, bien que les résultats aient été contestés 
par d’autres. 

Cependant puisqu’un arbre magnétisé de temps en 
temps pour entretenir en lui la puissance active du ma¬ 
gnétiseur, transmet la force magnétique à un nombre de 
malades, plus grand que le magnétiseur n’en pourrait 
traiter direetement! 

L’arbre doit donc posséder naturellement une puis- 
sanee vitale commune avec l’homme, et qui, une fois 
dirigée par celui- ci, suit la loi de transmission des cou¬ 
rants magnétiques que la faculté volitive de l’homme 
établit dans l’espace; c’est pourquoi les maîtres qui pré¬ 
conisent ce moyen, recommandent de choisir un arbre 
vigoureux, se séparant, et de le magnétiser souvent. 

Je crois donc possible, comme rafhrment des magné¬ 
tiseurs, l’action sur les végétaux. 

L’instruction apprend à l’homme le moyen d’utiliser 
ses facultés magnétiques en appelant son attention sur 
les différents phénomènes qu’il peut produire, afin de les 
opposer aux phénomènes morbides. 

Il peut les acquérir selon le degré de qualité de ses 
organes, il peut les inculquer par une sorte de domi¬ 
nation. J ai vu des êtres, non pas idiots, mais presque 
incapables de soutenir leur volonté deux minutes con¬ 
sécutives, produire, à leur grande surprise, sur des 
sujets que j’avais choisis, les mêmes phénomènes que 
moi. J’ai toujours eu soin, dans ces expériences, de 
m’absenter et de détourner ma pensée après avoir toute¬ 
fois défendu les phénomènes trop élevés. 


Des moyens divers par lesquels se manifestent les facultés 
.magnétiques do l’iiomme. 

Ces facultés se manifestent naturellement, comme je 
l’ai déjà dit, en réagissant contre une anomalie, une 


— 13 — 


moladie, par exemple, alors on sent un courant contraire 
qui s’établit rapidement. Où prend-onja propriété con¬ 
traire au développement de l’effluve délétère? Je crois en 
avoir déjà’ établi la présomption ; soit par la faculté de 
l’aimant, en changeant les pôles, soit par une faculté 
complexe de combinaison des effluves rudimentaires. 

En diminuant la sensibilité par un courant dirigé vers 
la partie menacée et qui arrête la perturbation. Du reste, 
le courant du dedans au dehors suffirait pour empêcher 
le rapport de la douleur au cerveau. 

Par ces mouvements instinctifs qui poussent des per¬ 
sonnes souffrantes à des manipulations opposées par 
lesquelles elles se soulagent : les uns prennent leur tête 
entre leurs mains, procédé employé avec conscience par 
les magnétiseurs pour les sujets pauvres de vitalité. C’est 
aussi ce que fait l’homme qui est pressé de mettre une 
idée au net; il a appris par instinct à augmenter la force 
explorative de son cerveau, qui se trouve dans un état 
de faiblesse relative. D’autres s’y font des passes, très- 
légères en travers, comme pour essuyer ce qui en trans¬ 
pire; c’est encore un moyen employé quand la vie est en 
excès. 

Enfin, quel que soit le lieu de la souffrance, on y porte 
la main soit en l’apposant, soit en faisant des frictions. 

Puis, comment expliquer autrement que par la faculté 
attractive ces amitiés et cet amour qui naissent tout à 
coup; ces aberrations du sentiment humain qui condui¬ 
sent l’homme ou la femme à forfaire à leur serment en 
brisant le lien conjugal, et à l’abandon de la progéniture, 
souvent pour chercher la société d’êtres abjects? 

Et ces hommes de bonne famille, pleins d’esprit, 
qui finissent par devenir la proie de gens échelonnés sur 
la route de la dégradation comme pour en adoucir la 
pente! 

L’on voit le plus souvent les êtres qui subissent les 
influences pernicieuses que je viens de citer, faire les 


_ 14 — 


plus beaux serments de fuir leur dominateur, mais une 
fois en présence, adieu le serment; il y en a même, et 
j’en ai vu, qui tremblent en se sentant entraînés, quand 
ils voient, avant que d’être lancés, des témoins de leurs 
infructueux serments. 

D’autres, par de belles résolutions simulées, des re¬ 
grets mensongers, abusent de la bourse de gens chari¬ 
tables ou obligeants ; c’est le magnétisme par la parole. 

11 en est de même des antipathies excessives sans 
cause connue; je suppose qu’un courant émonctoire 
entraîne des propriétés contraires à la constitution d’un 
autre homme, le principe gardien de celui-ci agit par 
attraction intérieure, et le besoin d’éloignement se fait 
sentir sans qu’il puisse être apprécié. 

Le développement de la mémoire est dû à une action 
auto-magnétique dirigée sur un point donné de l’organe 
de la mémoire. La vie intérieure fait le reste, et ce qui 
prouve une action autre que le premier moteur, c’est que 
le fait évoqué se retrouve et s’élucide sans qu’on en 
suive les détails, au milieu de préoccupations étran¬ 
gères, ou la nuit pendant le sommeil. 

Une preuve aussi que le développement de la mé¬ 
moire est bien le résultat d’une action magnétique, c’est 
que les médecins qui l’ont observé dans le somnambu¬ 
lisme, qui est un état magnétique des plus développés, 
admettent généralement son développement extraor¬ 
dinaire par cet agent, et l’opposent à l’instinct des re¬ 
mèdes. 

Pour se rendre compte de l’action qui agit sur la mé¬ 
moire, il suffit d’observer ce qui se passe en nous au 
moment où nous voulons nous rappeler un fait dont nous 
n’avons qu’une parcelle de souvenir, ou qu’une autre 
personne éveille notre attention sur un fait dont nous ne 
noussouvenonsnullement; si cette évocation intéresse no¬ 
tre souvenir, il se produit dès ce moment en nous une 
sorte de choc, puis l’action se soutenant, on sent un cou- 


rant, une action intérieure et suivie, résultant de l’action 
du contact de la mémoire d’une autre personne, ou de notre 
action auto-magnétique. Le travail paraît ensuite s’affai¬ 
blir; mais il n’en continue pas moins, il devient même 
imperceptible durant d’autres occupations ; pourtant le 
travail intérieur est incessant, et quelquefois au milieu 
de très-graves préoccupations, apparaît dans les plus 
minutieux détails le résultat du travail magnétique opéré 
sur l’organe de la mémoire. Le magnétisme est donc venu 
porter la lumière et développer la sensibilité sur le point 
impressionné depuis longtemps par des sons, des im¬ 
pressions diverses, ou grandir la photographie micros¬ 
copique prise par l’organe spécial, au moment de l’ac¬ 
tualité des faits. 

L’imagination est une sorte de mémoire nomade tou¬ 
jours mise en avant par les faits qui l’ont frappée sans 
que le sujet en ait eu conscience, c’est cette faculté qui 
fait les inventeurs ; un mot semble lui servir de conduc¬ 
teur pour puiser, dans la mémoire d’un autre, quelques 
éléments qu’elle complétera plus tard; une forme qui lui 
apparaît est le rudiment de tout un ordre de création. 
L’imagination appartient à la vie intérieure et perçoit 
par des voies qui nous sont inconnues; comme son rôle 
est d’être toujours en avant, il arrive qu’un examen plus 
rapide d’une affaire par l’imagination fait qu’elle nous 
crie ; Arrête ! quoique nos impressions primitives nous 
aient fait juger l’affaire bonne. 

L’imitation est un état nerveux qui produit diverses 
impressions et phénomènes selon l’organe ou le point de 
l’organe surexci té par l’accumulation du fluide magnétique. 
Ainsi l’homme est porté h rire, quand il entend rire sur¬ 
tout aes personnes qu’il est habitué à fréquenter; les vi¬ 
sages tristes lui font des impressions tristes, c’est l’effet 
d’une faculté mécanique qui est développée quelquefois 
jusqu’à l’état automatique. C’est la disposition à ces phé¬ 
nomènes qui est cause que des personnes ne peuvent pas 


— 16 - 


entendre le récit de souffrances parce qu’elles lés res^ 
sentent. J’en ai vu arriver à perdre connaissance, d’au¬ 
tres se sauver crainte d’attaque de nerfs, surtout quand 
plusieurs femmes sont réunies dans un local où l’une 
d’elles a une attaque. 

Dans les réunions de convulsionnaires ou de prétendus 
possédés, l’imitation spontanée par suite de la consti¬ 
tution des sujets a pu Jouer un grand rôle; mais il y a 
surtout la magnétisation collective dont les effets doivent 
être difficiles à détruire si l’on pense que des sujets de 
cette sensibilité magnétique sont ordinairement isolés de 
tout autre que leur magnétiseur. Il n’y avait donc pas 
d’autres moyens de les guérir que de défendre les réu¬ 
nions, sans recourir aux moyens inhumains, et de dégager 
les organes envahis au moment des crises. 

La communication de pensée est un phénomène de 
l’ordre de rimitation, mais extrêmement développé, puis¬ 
qu’il peut y avoir imitation de la pensée non exprimée, 
comme dans le fait dû à la communication de M. Petit 
d’Ormoy « au sujet d’une dame qui s’entendait appeler par 
son nom, tandis qu’une autre personne était impatiemment, 
mais silencieusement, à l’attendre chez un concierge, 
ce que la première ignorait. » M. le docteur Roux (1) 
considère ce fait comme une hallucination de l’ouïe. Je 
crois qu’il y avait au contraire une imitation réelle de la 
pensée muette, caria personne qui attendait impatiemment 
n’était pas par la même raison sans exercer une action 
attractive tendant à rapprocher la personne dont la lon¬ 
gue absence l’impatientait. Il est même probable qu’il a 
pu formuler son nom à la muette, et l’on peut remar¬ 
quer que dans la pensée non exprimée les notes sont les 
mêmes que celles destinées à la rendre par les sùns. 
Nous nous parlons à nous-mêmes, bien que le son soit 

(1) Somnambulisme magnétique, 10, concours.de 1864, 
Union magnétique, T. XI, p. 489. 


avorté, l’impression est la même, il nous semble parfois 
que nous faisons un dialogue. 

On dit communément, en parlant des expériences du 
magnétisme, que l’on produit des hallucinations. Je com¬ 
prends plutôt l’imitation; le magnétiseur se rappelle 
quelque chose qu'il a vu et qui est présent à son sou¬ 
venir. C’est la présence de ce souvenir qui est réfléchie 
chez le sujet par l’effet imitatif. 

Le somnambulisme naturel est produit par la concen¬ 
tration du fluide vital du sujet au cerveau par suite 
d’une action magnétique concentrée, causée par une 
préoccupation ou une contrariété qui bouleverse les cou¬ 
rants naturels; ce qui l’occupait avant la concentration 
lui semble se réaliser ; il rêve, parle, gesticule quelque¬ 
fois dans son lit, et d’autres fois marche sous le poids 
d’une hallucination. Quand le somnambulisme est im¬ 
parfait, le sujet répond quand on lui parle, mais il suit 
l’ordre de sorr rêve; si le somnambulisme est parfait, le 
sujet exécute des travaux ou des actions extraordinaires. 
Je connais une dame qui a parfois des accès de som¬ 
nambulisme. Contrariée un soir de voir que son beau-fils 
n’avait que deux mauvais gilets de coton, elle se leva en 
somnambulisme, lui en fit des deux mauvais un bon 
tellement bien remmaillé, qu’il a fallu qu’elle vît les dé¬ 
bris pour être convaincue, quoiqu’elle ait parfois des 
accès de somnambulisme à differents degrés. Quand ce 
somnambulisme est complet, elle est isolée ; s’il est in¬ 
complet elle entend le son de la voix, mais ne parle 
qu’en suivant l’idée qui l’occupe. C’est le second sujet qui, 
à ma connaissance, possède ces différences et l’oubli au 
réveil. 

Voici un autre fait produit par la même cause et qui 
m’a été rapporté en raison des conséquences qu’on en 
a déduites. Une servante de la commune de Couville, 
arrondissement de Cherbourg (Manche), avait mis pour 
condition en entrant en service de conserver la liberté 


d’entendre la messe tous les jours; mais un jour le pain 
étant près de manquer, on l’engagea à manquer la messe. 
Elle en fut très-contrariée et se promit de se lever de 
bonne heure de façon à cuire au retour de la messe ; mais 
quand elle se leva, son pain était cuit, à son grand éton¬ 
nement; et des bonnes gens du pays, au lieu de l’attri¬ 
buer à un accès de somnambulisme, décidèrent que la 
Sainte-Vierge, en considération de son désir d’assister 
à la messe, était venue cuire le pain. 

Tous les phénomènes magnétiques se produisent arti 
ficiellement au moyen des procédés divers de magnéti¬ 
sation et les moyens par lesquels ils se manifestent sont 
les mêmes. 

Le somnambulisme artificiel ou magnétique a l’avan¬ 
tage de pouvoir être provoqué quand on en a besoin si le 
sujet est convenable, mais il a aussi ses degrés très-im¬ 
parfaits. 

Le somnambule lucide est un être très-précieux; «son 
intelligence, ayant envahi le domaine de l’atfectibilité, a 
toute sorte de moyens pour prévoir et suivre dans le corps 
même, les progrès du mal et l’effet des médicaments (1). » 
Le somnambulisme a été décrit bien des fois; je n’en par¬ 
lerai que pour exposer quelques essais théoriques, que 
je ne sache pas avoir été écrits. 

Le somnambule qui perçoit et ressent les symptômes 
du mal, doit percevoir de même quels sont les agents qui 
peuvent le combattre avec succès, ou au moins ressentir 
les impressions opposées que'produisent certaines effluves 
du fluide universel; je parle d’un somnambule parfaite¬ 
ment lucide. Il doit apprécier les effluves des végétaux 
avec lesquels il s’est trouvé en contact, s’il est som¬ 
nambule sensitif; mais il doit éprouver,par le contact, le 
même mal que le consultant, et il faut le dégager avec 


(1) Docteur Chardel, Mémoire à VAcadémie de Berlin, p. 34. 


19 - 


plus (le soin, que s’il n’ordonne que des magnétisalionset 
pas de médicaments. 

Voici pourquoi je conclus ainsi Le somnambule qui 
se sent contagionné et chez lequel toutes les propriétés 
de la nature sont présentes, ou qui du moins a été en 
contact avec un grand nombre de plantes (ce qui explique 
pourquoi il y a de meilleurs somnambules chez les gens 
de la campagne), en a gardé les impressions sans se dou¬ 
ter de leurs vertus, et comme on saisit un fragment de 
conversation, il feuillette donc dans sa mémoire extraor¬ 
dinairement développée, non pas ce qu'on lui a appris, 
mais les divers rudiments des impressions qu’il a éprou¬ 
vées. Lorsqu’il a rencontré une impression contraire à son 
état contagionné, il devient passif de la nouvelle conta¬ 
gion opposée que lui apporte l’impression; il en hâte 
l’action, par la circulation qu’il lui imprime magnétique¬ 
ment. Si c’est une substance, ou une plante qu’il a touché 
comme corps, son appréciation sera plus facile et plus 
rapide ; ses moyens de les désigner plus nets; car avec le 
souvenir de l’impression primitive se retrouvent les 
formes et les noms ; comme en se rappelant une action on 
voit les lieux, les personnes, des détails nombreux. 

Si l’impression lui vient des rudiments que lui ont lais¬ 
sés les effluves diverses qui l’ont saturé pendant l’absorp¬ 
tion du fluide vital, une fois qu’il s’est arrêté à l’impres¬ 
sion lapins convenable, il la suit jusqu’au point où elle 
revêt une forme. Cette exploration lui est plus ou moins 
facile selon son degré de lucidité, ou sil impression flui- 
dique lui remet en mémoire l’impression fugace d’un 
contact inconscient ; car l’action magnétique ala propriété 
de faire revivre les effluves anciennes, comme M. Du Po- 
tet l’a constaté en magnétisant un homme qui exhalait 
pendant la magnétisation l’odeur de Passa fœtida. 

M. Du Potet le questionna sur ce sujet, et il apprit que 
ce malade avait employé ce remède, environ une année 
avant. 


Voici donc le somnambule en possession de la pré¬ 
cieuse influence qui doit le faire remonter vers l’état de 
santé ; il en calcule la force; puis, par une faculté attrac¬ 
tive, il s’en assimile jusqu’à dose convenable (1). Or par 
cette assimilation magnétique de la dose convenable, il 
en est arrivé h être dégagé des effluves du malade; c’est 
pourquoi les somnambules qui ne se font pas dégager, 
mais qui ont fait consciencieusement leur devoir jusqu’au 
bout, paraissent privilégiés, parce qu’ils n’ont rien gardé 
de l’affection. 

Tandis qu’au contraire le doigt de Dieu est marqué au 
front du somnambule de mauvaise foi et paresseux, qui 
après avoir fait usage du phénomène inférieur de com¬ 
munication de pensée, ou d’imitation pour convaincre un 
malade et lui attraper son argent, néglige de rechercher 
les véritables propriétés qui peuvent le guérir. Ce som¬ 
nambule est puni, car après avoir absorbé les effluves 
morbides qui peuvent se développer dans la suite, s’il 
n’est pas dégagé par le complice de son escroquerie, il 
devient lui-même malade sans savoir de quel malade cela 
lui vient. Voilà pourquoi certains somnambules n’ont pas 
de chance, dit-on vulgairement. 

Le somnambule nomme habituellement les plantes ou 
les minéraux, selon la langue qu’il parlait au moment où 
il en a recueilli les impressions primitives, à moins qu’il 
n’ait appris depuis à les nommer dans une autre langue 
par un fréquent usage du mot accompagné de nouvelles 
impressions qui s’y ajoutent; parce qu’il retrouve avec 
l’impression, le nom qui en est un détail, puisque souvent 
on nomme mentalement une chose que l’on voit ou l'on 
touche. 

(t) On voit les somnambules primitifs ouvrir graduellement la 
main comme si elle s’emplissait, ou suivre lentement sur un doigt 
comme pour mesurer la longueur; et compter les heures, les jours, 
en frappant avec leur tête. 


— 21 — 


Aussi placerai-je plutôt dans la faculté sensitive, aidée 
par la mémoire, que dans la transmission de pensée aidée 
aussi par la mémoire, le fait rapporté par le docteur 
Roux, d’une dame qui « se prescrit des remèdes végé¬ 
taux, dont au réveil elle ne savait pas même le nom. 
Ayant passé une partie de son enfance à la campagne, 
auprès de sa mère qui se plaisait à conseiller aux malades 
d’alentour des recettes de plantes médicinales, cette 
dame retrouvait à l’état de somnabulisme le souvenir du 
nom et des vertus de ces végétaux ; et la preuve, c’est 
qu’elle les désignait en termes catalans, idiome familier à son 
bas'âge, et dont elle avait depuis longtemps perdu l’usage. 

Notez bien que dans le somnambulisme, ces remèdes 
se présentaient à son esprit sans qu’elle en rattachât la 
pensée à ces habitudes d’enfance (1). » 

Cette dame avait vécu h la campagne dans son jeune 
âge, elle a subi les impressions du contact des 
plantes sans autre accessoire pendant cette action 
que d’en dire mentalement le nom en terme catalan, 
son idiome d’alors, elle ne s’en est pas occupée depuis: 
et, en en retrouvant les propriétés ou vertus, le seul dé¬ 
tail qui les accompagnait, le nom catalan apparaît. 

Il est probable que si elle avait puisé la connaissance 
de ces vertus dans l’instruction donnée par sa mère, elle 
y rattacherait beaucoup de circonstances, de souvenirs 
d’enfance; à moins que cette faculté ne soit transmise 
héréditairement. 

Dans le cas où un somnambule revient à la santé au 
moyen de l’assimilation des effluves qu’il fait revivre ou 
absorbe à distance, on ne peut pas plus trouver chimi¬ 
quement de traces de ces effluves médicamenteuses, que 
de savants médecins ne trouvent l’effluve primitive d’une 
maladie, et celles du magnétisme animal dans ces di- 

(t) Docteur Roux (de Celte}. Somnambulisme magnétique. Union 
magnétique, tome XI, p 308. 


— 22 — 

verses modifications. Ce sont les effluves du chiendent 
qui, agissant sur le chien qui en a besoin, lui révèlent la 
présence de cette plante et son utilité, quoique cet 
animal ne soit pas herbivore. 

Ainsi s’expliquent les goûts pour les plantes ou autres 
substances qui ont une action sur certains sucs, eu égard 
toutefois aux aberrations causées par l’action de per¬ 
sonnes qui inculquent leurs goûts contraires. 

Ce que je viens de dire ne viendrait-il pas à l’appui de 
la théorie, que l’on peut donner au fluide la propriété 
de telle ou telle substance; théorie contestée parce qu’on 
ne peut constater la présence de ces substances? 

« Des aveugles ont pu distinguer des couleurs au tou¬ 
cher (1). Si l’on avait affaire à des aveugles-nés, ne serait- 
ce pas l’impression fluidique des substances qui entrent 
dans la composition des couleurs, qui se reproduit à 
chaque nouveau contact avec ces couleurs ? 

Cependant, je dois le dire, je connais un aveugle-né, 
auquel les médecins ont toujours contesté la faculté de 
percevoir la lumière à cause de l’état de ses yeux; et qui 
malgré cela, distingue à la nuance, le jour d’avec la nuit; 
faiblement, il est vrai, mais si le temps se couvre subite¬ 
ment, il en saisit une diminution de lumière. C’eût été un 
sujet d’expériences peut-être curieuses s’il eût été plus 
sensible aux effets du magnétisme dont il n’éprouve que 
les effets curatifs. 

Le somnambule, sujet qui ne devrait pas magnétiser à 
cause de sa nature généralement faible, magnétise mieux 
qu’une personne à l’état normal ; il est vrai qu’en cet 
état sa puissance magnétique est considérablement aug¬ 
mentée, et sa vie intérieure, extraordinairement surexci¬ 
tée, lui permet de s’assimiler continuellement les effluves 
réparateurs. 

La catalepsie, le tétanos, sont des états nerveux pro- 

(I) Docteur Roux (de Cette). Union Magnétique, t. XI, p, 484. 



— 23 — 


duits par des perturbations magnétiques qui se produi¬ 
sent instantanément. 

Dans la catalepsie, le symptôme caractéristique est 
qu’une main étrangère peut donner aux membres du ca¬ 
taleptique teUe attitude qu’il lui plaît sans que le malade 
puisse en rien la modifier. 

Dans le tétanos il y a rigidité excessive. Dans ces deux 
états qui ont été décrits mieux que je ne pourrais le faire, 
il y a insensibilité à la douleur, et isolement. 

On produit ces phénomènes artificiellement par les fa¬ 
cultés magnétiques que possède l’homme ; ils sont dé^ 
truits avec la même facilité. 

L'extase est un superlatif du somnambulisme. Les idées 
du sujet sont presque toujours dirigées vers les choses 
religieuses, selon sa croyance à ce sujet; il est disposé à 
quitter la terre, il semble n’avoir plus de poids, les 
yeux ouverts sont fixes et immobiles. 

L’homme a la faculté de produire ce phénomène, 
mais une fois là, le sujet ne lui obéit plus; ce n est que 
par surprise qu’il le ramène à son état normal, il en té¬ 
moigne toujours de la contrariété. 

Des conditions qu'exige i’emploi des facultés magnétiques de l’homme. 

Le magnétiseur doit être sain de corps et d’esprit ; avoir 
l’idée nette et suivie. Le chagrin surtout est une mau¬ 
vaise condition pour le magnétiseur. M. le docteur Louyet 
en a cité un exemple pris dans sa pratique. Une jeune 
fille était affectée d’un ulcère scrofuleux, traité in¬ 
fructueusement par un médecin de Charenton et un 
autre médecin; la jeune malade fut soumise pendant six 
jours à la magnétisation directe et aux douches locales 
d’eau magnétisée; la plaie s’améliore d’une manière sen¬ 
sible. M. Louyet, voulant hâter la guérison, fait du père 
de cet enfant un ai le magnétiseur, le mal s’aggrave, 


— 24 — 

W. Louyet s’informe si cet homme est troublé; il apprend 
qu’il a un grand chagrin, et le fait cesser de lui aider. Au 
bout de quinze jours l’enfant était guérie (1). 

Un magnétiseur, riche de vitalité, se trouvera bien de 
secourir son semblable en lui donnant une partie de son 
excédent de vitalité. 

Le magnétiseur faible agira plus nettement sur un sujet 
qui soulFre d’excès de vitalité, parce qu’une fois le rap¬ 
port établi, la soustraction se fait tout naturellement, et 
le magnétiseur pourra y gagner s’il n’y a que pléthore 
nerveuse sans maladie dangereuse. 

il y a même peut-être des dispositions maladives qui 
s’opposent au développement de certaines maladies aux¬ 
quelles elles servent de contre-poison et qui se confon¬ 
draient avec les influences déjà citées comme différence 
naturelle des fluides que des somnambules disent pou¬ 
voir comparer par leurs couleurs. 

Le revers de celte proposition a donné naissance h 
cette théorie déjà ancienne qu'un magnétiseur aggrave 
son mal en magnétisant le même mal. Cela me paraît, du 
reste, acceptable, vu que les efliuves morbides sur les¬ 
quels il exerce l’attraction trouvent en lui un terrain 
préparé; et j’ajouterai qu’il doit faire peu de bien, puis¬ 
qu’il a déjà trop des extrêmes éléments nuisibles qui gê¬ 
nent celui qu il veut secourir, ou se fatiguer beaucoup, 
ce qui le prédispose encore à reprendre des forces 
viciées. 

Les magnétisations d’un malade surtout doivent être 
faites dans le recueillement tant du magnétiseur que du 
sujet; il faut éviter que les effets soient détournés, car ils 
peuvent, dans quelques cas, perturber momentanément 
le sujet. Pendant la magnétisation d’un malade, il ne 
faut avoir que peu de témoins; dans l’intérêt du malade, 
il est préférable qu’ils soient sympathiques ; alors ils ai- 

(t) Société JUssfneVomc, avril 1854. 


dent à l’actionmagnélique, car le nüagnétiseur est tout à 
son action et possède pour auxiliaire le magnétisme bien¬ 
veillant émis, sans le savoir, par les témoins; c’est un 
diminutif de la chaîne magnétique. 

Tandis qu’au contraire, s’il est contrarié, l’action qu’il 
produit est convulsive, il semble que sa force lui fasse 
retour et l’oppresse, une pareille magnétisation est nui¬ 
sible au malade. 

Le sujet doit être passif, la foi ne lui est pas absolu¬ 
ment nécessaire; mais elle contribue h de plus prompts 
résultats, en évitant au magnétiseur de perdre du temps 
et de la force en lutte préliminaire. A défaut de la foi, 
qu’il ait au moins l’espérance d’un bon résultat. 

La température chaude, sans être excessive ou ora¬ 
geuse, est préférable. 

Le froid est une condition généralement défavorable, 
car il démagnétise. 

Les courants d’air sont défavorables aussi, surtout 
s’ils sont froids, puisque le souffle froid ou frais déma¬ 
gnétise. 

Néanmoins, avec de plus grands efforts, beaucoup de 
nos collègues ont rendu des services à des malheureux 
tombés malades sur la voie publique pendant des temps 
plus ou moins froids, et j’ai moi-même obtenu un bon 
résultat pendant un froid très-vif, et près de la Bastille, 
mais je suppose qu’il est dû à l’extrême sensibilité du 
sujet etàsonacclimatationau froid, vuque son travail exi¬ 
geait sa présence presque continuelle dehors. 


De la responsabilité morale qu’entraîne leur exercice. 

Le magnétiseur avant d’exercer ses facultés doit exa¬ 
miner : son état de santé; s’il est sûr d’être maître de ses 
passions; s’il pourra continuer les soins qu’il donne, afin 


de ne pas abandonner un malade en cours de traitement. 

Il doit s’interdire de magnétiser, hors le cas d’urgence 
absolue, quand il se sent trop contrarié ou agité. 

S’il dirige un somnambule, il doit s’interdire toute 
question indiscrète sur ce qui concerne le sujet; il doit 
aussi rompre toute communication indiscrète que le cer¬ 
veau surexcité commencerait à faire. 

Ne pas le laisser non plus s’immiscer dans des recher¬ 
ches qui pourraient troubler l’harmonie des familles. 

Les facultés magnétiques de l’homme peuvent être 
exercées par des gens corrompus pourperturber les idées, 
la volonté d’autres hommes; et, ces malheureuses victi¬ 
mes, dans leur état de charme, croient agir en toute li¬ 
berté; le magnétiseur, honnête sollicité, d’après les faits 
déjà produits, de leur prêter aide et protection, devra 
examiner s’ils ont bien leur libre arbitre, auquel 
il n’est pas permis de toucher sans leur consente¬ 
ment. Cependant, si leurs actes sont nuisibles à autrui, 
on peut essayer l’exploration de leur sensibilité magnéti¬ 
que. Si la sensibilité est manifeste, ou qu’un changement 
se produise en quelques magnétisations, il y a des proha¬ 
bilités de fascination, il n’y a pas à hésiter dans rintérêt 
de l’individu fasciné et dans l’intérêt du bien social. 


Des services qu'on peut en attendre. 


« L’on peut dire avec la plus grande vérité que, d’après 
les liaisons intimes qui régnent entre notre partie pen¬ 
sante et notre partie sensible et matérielle, il est des con¬ 
tagions morales et des contagions physiques; et, en allant 
encore plus loin, on admettra qu’il est même des conta¬ 
gions de santé ainsi que des contagions de maladie (1). » 

(1) De la Contagion, par le docteur Balmc. Paris, 1822, page Id. 



Ainsi s’exprimait un médecin pour combattre le séjour 
des convalescents dans les hôpitaux; et ce médecin,qui 
ne prononce pas un mot de magnétisme, paraît bien près 
de nos idées. 

En partant de ce principe posé, que les contagions de 
santé s’établissent naturellement par le simple séjour 
continu de malades, ou plutôt de convalescents parmi des 
personnes en état de santé, que doit-il arriver quand il 
est prouvé que l’homme a la faculté de pourvoir volon¬ 
tairement aux nécessités vitales d’un autre homme en le 
pénétrant de sa propre vitalité dont il peut diriger l’action 
sur les points faibles de l’organisme du patient, sur 
lequel il agit par une sorte d’affinité spirituelle à laquelle 
ce dernier s’est soumis, ses organes fonctionnant par 
imitation. 

Du reste, puisqu’on peut réagir contre un mal dont on 
est frappé, pourquoi, l’imitation admise, n’agirait-on pas 
de même sur autrui?C’est ce qui arrive; mais l’impul¬ 
sion, une fois donnée, ce n’est plus de l’imitation, c est 
un asservissement des organes du malade, car il suffit de 
vouloir, en pénétrant un organe, il obéit : des sueurs, 
plus ou moins abondantes surviennent, une tendance au 
sommeil, puis des selles fréquentes de diverses natures, 
des éruptions à la peau annonçant le déplacement du mal, 
et tous ses phénomènes, se produisant pendant le traite¬ 
ment magnétique, et coïncidant avec une amélioration de 
santé, prouvent le service qu’il peut rendre à 1 homme. 

Mais il est des organisations de magnétiseurs contrai¬ 
res à la guérison de certaines maladies, par les raisons 
quej’ai déjà décrites et par d’autres conditions plus im¬ 
médiates, quoique de même ordre, conditions d’occupa¬ 
tion, d’habitude, de lieu, substances employées dans les 
industries groupées autour de lui, la nourriture, 1 héré¬ 
dité. 

On doit donc, si l’on veut profiter des services du ma¬ 
gnétisme, changer de magnétiseur si au bout d’un certain 


nombre do magiiclisalions on ne voit pas de changement; 
car rien n’est perdu dans la nature, et l’on doit trouver 
une organisation qui convienne. Je suis convaincu que 
presque toutes les maladies seraient détruites au début, 
si 1 on rencontrait assez vite l’organisation convenable à 
apposer. 

Mais on ne doit changer que dans ce cas, parce qu’il 
vaut mieux une action suivie par le même magnétiseur. 

Une substance est un poison dans un pays, tandis 
qu’elle est à peu près inofFensive dans d’autres; parce 
que dans le premier cas elle se nourrit d’effluves qui se¬ 
raient mortels pour l’homme et le préservent ainsi, 
mais le frappent avec d’autant plus de violence que lés 
effluves sont massés; de même certains hommes tra¬ 
vaillent impunément des substances qui sont mortelles 
pour d’autres k cause de certains principes qui annihilent 
ou repoussent les effluves et pourraient ainsi rendre plus 
de services dans un ordre de maladies que d’autres ma¬ 
gnétiseurs. 

Dans le second cas, l’élément vénéneux n’existe pas 
ou l’homme l’absorbe au moyen d’effluves auxquels il 
sert de contre-poids, l’homme peut agir de même sur son 
semblable, malade par suite du manque d’équilibre. 

Lorsque des magnétiseurs ont guéri des malades, au 
moyen de magnétisations générales seulement, il serait 
bon que chacun recueillît ses observations sur la nature 
des maladies, qu’il communiquât ses observations et que 
l’on prît note de son tempérament, etc., pour élucider, 
par la comparaison, cette importante question qui, en 
abrégeant le temps du traitement, permettrait de recou¬ 
rir plus souvent à la thérapeutique magnétique, et lui 
permettrait de rendre plus de services. 

Il me paraît très-probable qu’un tempérament opposé 
à celui du malade s’assimile facilement les éléments qui 
manquent à l’équilibre chez celui-ci, et peut les trans¬ 
fuser de lui au malade, où, par un courant magnétique 


— 29 — 


imprimé aux propriétés homogènes contenues dans le 
fluide vital répandu dans l’espace, il les dirige vers l’or¬ 
gane malade en établissant chez le malade le prolonge¬ 
ment du courant réparateur. 

Si la dose du poison de l’effluve délétère ou le travail 
des animalcules ont été trop faibles pour caractériser les 
symptômes de la maladie; s’ils sont modifiés par une 
cause étrangère, ou que l’intelligence bornée du malade 
égare le médecin, il lui est souvent difficile d’établir un 
diagnostic certain; il peut, dans ce cas, faire des pres¬ 
criptions erronées quant au mal; la maladie primitive se 
complique d’une autre. Comme il est plus difficile d’en 
mener deux de front, de là des maladies chroniques qu 
font le désespoir des médecins philanthropes. 

Par la thérapeutique du magnétisme, si un homme sain 
vient donner au malade la force de réaction nécessaire, 
elle commence par le débarrasser des symptômes ou des 
affections consécutives qui sont les moins invétérées. 

Dans les maladies chroniques, les affections consécu¬ 
tives se sont développées par les médicaments inoppor¬ 
tuns, ou comme conséquence du mal primitif que les mé¬ 
dicaments n’ont pas combattu à propos. 

Ainsi s’expliquera la marche rétrograde des premières 
applications du magnétisme, qui réveille .les anciens 
symptômes à mesure qu’une affection consécutive est 
vaincue, et que la nature réagit sur une autre affection 
qui a dû précéder celle-ci, et ainsi de suite, jusqu’à la 
maladie primitive. S’il en est temps encore, cette mala¬ 
die, attaquée par la réaction du sens intérieur comme 
elle aurait dû l’être d’abord, et, d’un autre côté, par la 
puissance auxiliaire du magnétiseur, cède enfin. 

C’est encore ainsi que s’expliquerait la cause de ces 
guérisons de maladies graves, sans convalescence. Si le 
malade n’a pas usé de médicaments, aucun autre organe 
n’a été lésé par une sorte de poison auxiliaire, et si la 
sensibilité magnétique n’a pas été assez grande pour évi- 


— 30 - 


ter d’employer ces terribles auxiliaires, les doses en ont 
été moindres, et le magnétisme, aidant la réaction aux 
points voisins de la lutte, les garantissaient, tout en ap¬ 
portant son contingent sur le terrain principal pour en 
hâter le résultat. N’y ayant que ce dernier point qui ait 
souffert, les forces complètes des autres organes se ré¬ 
pandent promptement et abrègent la convalescence. 

Le somnambulisme magnétique peut servir à suppléer 
au défaut d’intelligence du malade, à éveiller l’attention 
du médecin sur des symptômes étrangers à la maladie 
principale ou faussée, à lui mettre en lumière des médi¬ 
caments au cas op il est indécis sur leur choix. 

Par l’insibilisalion magnétique, on peut remplacer, 
pour quelques sujets et sans danger, le chloroforme, qui 
n’est pas sans inconvénients. 

Enfin, puisque tout ce qui se produit sur l’homme sans 
sa volonté peut être produit par les facultés magnétiques 
de l’homme, et qu’il peut le détruire en moins de temps 
encore, il est clair qu’en cherchant à produire des phé¬ 
nomènes opposés au mal, il peut combattre celui-ci, s’il 
est employé avant la destruction ou la décomposition in¬ 
curable de l’organe malade. 

Amélioration de la société : 1° par les cures morales, 
comme plusieurs membres de la Société du magnétisme 
en ont produit, l’on comprend que si un magnétiseur a 
pu produire des effets aussi considérables en si peu de 
temps, ce qui pourrait se faire dans les familles agissant 
avec confiance et en masse sur celui de ses membres vic¬ 
time d’une aberration des sens, par une cause fortuite ou 
une mauvaise influence sociale; 

2° Par la crainte que devrait inspirer aux coupables 
un moyen qui permet de les découvrir, s’il était convena¬ 
blement mis en œuvre, et avec toutes les garanties dési¬ 
rables, sauf à ne les admettre que comme renseigne¬ 
ments à contrôler. 




- 31 - 

Dans les arts ; la peinture, la statuaire, la catalepsie, 
l’extase peuvent être utilisées, et cela a déjà été fait. 

Dans l’industrie, il serait peut-être possible, malgré 
les transformations, d’utiliser le somnambulisme pour 
retrouver certaines substances dont on a perdu la con¬ 
naissance ou qui sont restées secrètes. 


G.-F. BACOT. 


TABLE 


Action à distance. ... 
Causes des maladies. 


Communication des pensées non exprimées. 

Facultés magnétiques. Y 

D® — (Manifestation des). 13 

~ (Services qu’on peut en attendre) . 26 

Facultés curatives '( conditions d’emploi ). 24 

Fluide universel. g 28 

Imagination. 

Imitation.. 13,26,27 

Impressions. g 

Influences magnétiques. 13 26 

Instruction magnétique...12 

Mémoire. 


Moyens de perception des remèdes pendant l’état lucide... 

Responsabilité morale. 

Somnambulisme. 

Traitements magnétiques (marche des).